Avancer ensemble, et non l’un contre l’autre

Aujourd’hui, le Conseil fédéral a décidé de rejeter l’initiative 99% déposée par la Jeunesse Socialiste Suisse (JSS) en avril dernier. Une décision pleinement soutenue par le PLR, tant cette initiative aurait nui à la cohésion de notre pays. En effet, en Suisse, les revenus sont répartis de manière équilibrée. Cette situation, nous la devons à notre excellent système d’éducation, au marché du travail libéral, aux conditions attractives dont profite la place économique et au système social et fiscal redistributeur.

Par Philippe Bauer, Conseiller national

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D’une façon digne de la lutte des classes, la Jeunesse Socialiste Suisse a déposé, en avril dernier, son initiative dite des 99%. Estimant que le capital est bien moins imposé en Suisse que le travail, elle souhaite que le revenu du capital soit imposé 1.5 fois plus que le revenu issu du travail.

A écouter la JSS, il semblerait qu’il existe, en Suisse, une incorrigible élite, avide et égoïste, qu’il convient de dissoudre. Elle serait à la source de tous les maux et n’apporterait aucune contribution à la collectivité. Je ne sais pas si je dois, moi aussi, me sentir personnellement concerné par cette initiative, mais c’est le cas. Elle divise inutilement une Suisse performante, sème la méfiance et déforme la réalité d’une manière regrettable et empreinte de populisme.

En Suisse, la répartition des revenus est très équilibrée

Les chiffres le montrent : la prospérité des dix dernières années profite à tous. Les riches ne deviennent pas nécessairement plus riches et les pauvres ne sombrent pas davantage dans la pauvreté. Le Professeur Reiner Eichenberger le confirme : « les chiffres utilisés par la Jeunesse Socialiste ne reflètent que les actifs imposables. En prenant également en compte les revenus exonérés de l’impôt, et en particulier du capital du deuxième et du troisième pilier de la prévoyance vieillesse, aucun accroissement frappant de l’écart de richesse n’est perceptible. » La Suisse demeure, par ailleurs, le pays d’Europe disposant de la répartition des revenus la plus équilibrée, avant les impôts et allocations de soutien.

Il n’est pas non plus vrai qu’en Suisse le capital est trop peu, voire pas du tout imposé. En comparaison internationale, dans notre pays, le capital est très lourdement imposé par rapport au travail. Dans l’OCDE, de telles impositions de revenus n’existent qu’en Norvège. Le capital est non seulement soumis à l'impôt sur la fortune pour les personnes morales, mais également à l'impôt sur le revenu du capital, à l'impôt sur les successions dans certains cantons, au droit de timbre, à l'impôt sur le bénéfice des sociétés et à d'autres impôts sur le patrimoine, tels que l'immobilier. Dans le cas d’actifs importants, les impôts sont si élevés que les actifs sont de facto épuisés.

Apporter sa contribution à la cohésion de la Suisse

Un entrepreneur doit non seulement payer des impôts sur le revenu des actifs, mais également s’acquitter d’un impôt sur la fortune, qui ne peut être payé qu’avec de l’argent qui a déjà été ponctionné par l’impôt sur le revenu. La Jeunesse Socialiste oublie visiblement l’existence de l’impôt sur la fortune et fait de son initiative une initiative confiscatoire.

Pour ma part, c’est volontiers que j’apporte cette contribution à mon pays, car je sais que c’est un élément indispensable au succès helvétique, à sa prospérité et que mes enfants bénéficieront eux aussi des opportunités offertes par la Suisse. La réussite de notre pays garantit un excellent système éducatif, une égalité des chances, des conditions attractives pour la place économique créatrice d’emplois, ainsi que des impôts équilibrés favorisant les investissements en Suisse. C’est une contribution à la cohésion de notre pays. Préservons cette force plutôt que de monter, avec des arguments populistes, les différentes classes les unes contre les autres.